FEMINISME ET VEGANISME, MÊME COMBAT ?

Je sais que le titre de cet article va attirer votre attention et cela peut paraître curieux de lier ces deux combats. Après 4 ans de véganisme, moi-même je n’ai jamais fait le lien, mais l’idée est venu en défendant le véganisme – lors de mon millier débat concernant mon choix de style de vie avec un groupe de jeune femme – en étant LA solution : à la haine, au racisme, au mal être, obésité, maladie … mais en tant que femme, y a t’il une relation ?

Dans un premier lieu, si on réfléchit bien dans les deux cas il s’agit de discrimination, envers les femmes et envers les animaux, cela fait déjà un point en commun. Je vous arrête avant de faire un commentaire, je ne parle du même niveau, mais là je parle du préjudice que vivent ces eux êtres au quotidien, et ces deux mouvements qui cherchent un idéal de justice.

Le mouvement féminisme s’oppose à la misogynie et à la domination patriarcale (celles des hommes sur les femmes). Les véganes, anti-spécistes, rejettent l’exploitation animales. Oppression, domination, objectivation des femmes d’une part, des animaux d’autre part. Ces luttes ne s’encroisent pas forcement de manière évidente et pourtant les liens existent.

J’entends toujours la même remarque : mon mari, lui, il a besoin de viande, même si je prépare un bon repas végétalien et équilibré. Dans l’imagination sociale, tout porte à croire que la viande est nécessaire aux hommes car c’est un symbole de force physique et de virilité. Un ouvrage particulièrement intéressant de Carol J. Adams « la politique sexuelle de la viande » dans lequel la féministe activiste explore la relation entre les valeurs patriarcales et la consommation de la viande. Elle nous démontre qu’historiquement, si un groupe d’humains dispose de peu de viande, elle sera distribuée aux hommes et pour les femmes il restera les légumes. Cela suit l’idée que les hommes en ont besoin, ce qui explique que le véganisme est facilement accessible aux femmes et que la viande est une denrée pour les hommes, un symbole de leur pouvoir sur les femmes.

Mais quel est le lien avec la violence faite aux femmes ?

La féministe activiste Carol J. Adams met en évidence un cycle de réification, fragmentation et consommation

  • Réification : percevoir un être vivant comme une chose
  • Fragmentation : transformation des animaux vivants en produits de consommation, nous ne cherchons pas à savoir ce qui se passe entre la chose et la consommation et la preuve « les abattoirs » qui sont des lieux lointains et clos. La violence manipulée se vaut cacher et loin des yeux. Même sort à l’image du corps de la femme.
  • Consommation : peut-être littérale pour l’animal ou le corps de la femme, mais la surconsommation peut aussi passer par des images de femmes et la viande peut aussi être utilisée pour décrire la violence faite aux femmes.

La femme et les animaux subissent la même logique de domination et d’exploitation :

  • Plaisir gustatif et sexuel vont de pair. Dans les campagnes publicitaires, les femmes sont réduites à des parties (fesses, seins, bouche…) à l’instar de celui des animaux (steak, côtelette, ..)
  • La politique sexuelle qui animalise la femme. Comment ? les femmes ont été réduite à quelque chose de moins civilisé que les hommes (ce qui a permis à ces derniers de les exploiter)
  • La production de viande, de lait et des œufs est basée sur l’exploitation du système reproductif féminin, et des actes seraient qualifiés de torture, esclavage et viol. Prenant l’exemple de la vache :

On ne réalise pas d’une vache doit accoucher d’un veau pour produire du lait. Encore moins savent que les vaches dans l’industrie sont inséminées de force et à répétition, un acte très semblable à une violence sexuelle, pour que chaque veau soit retiré et que le lait soit vendu aux consommateurs. Lorsque leurs corps épuisées ne produisent plus assez de lait, elles sont transportées vers l’abattoir. Réalisons qu’il n’y a aucune différence entre une mère vache et une mère humaine en ce qui concerne leurs détresses lorsque leurs petits leur sont arrachés ou la douleur ressentie lors d’une insémination forcée.

Cela concerne aussi les truites, les poules et bien d’autres. Bien entendu les animaux mâles souffrent aussi dans cette industrie.

Le sexisme c’est aussi du spécisme.C’est évident. Je suis donc non-seulement végan, mais également féministe. 

L’apathie envers la violence n’a pas sa place dans un mouvement qui lutte pour l’égalité. En cette journée de la femme, engageons-nous à lutter contre la souffrance de tous les êtres, peu importe l’espèce à laquelle elles appartiennent. 

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